http://www.cyberpresse.ca/article/20071211/CPACTUALITES/71210256/6737/CPACTUALITES
Le mardi 11 décembre 2007
Hausse des crimes avec arme à feu
Entre 2004 et 2006, le nombre de tentatives de meurtre perpétrées par les gangs de rue a doublé à Montréal.
Ariane Lacoursière
La Presse
Le nombre d’incidents criminels impliquant une arme à feu a augmenté de 16% entre 2005 et 2006 à Montréal. Et dans la majorité des cas, les armes utilisées étaient illégales.
Une situation qui est étroitement liée à la présence de gangs de rue à Montréal, selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Le 15 mars dernier, la GRC a envoyé une note d’information au ministre de la Sécurité publique du Canada. Dans ce document, obtenu par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, un inquiétant portrait de l’utilisation des armes à feu à Montréal est dressé. «Les plus récentes statistiques (2005-2006) fournies par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) (...) montrent une augmentation de 16% de l’utilisation d’armes à feu dans des activités criminelles», dit la GRC.
Selon le commandant Clément Rose, responsable des dossiers de crime organisé au SPVM, cette hausse pourrait être liée aux gangs de rue. « Depuis l’arrestation massive de motards en 2001, les gangs de rue ont pris plus de place à Montréal. Il faudrait que je regarde plus attentivement les statistiques, mais les gangs de rue pourraient expliquer l’augmentation du nombre de crimes avec armes à feu », dit-il.
Le professeur de criminologie à l’Université de Montréal, Marc Ouimet croit lui aussi que les gangs de rue peuvent être montrés du doigt. «Les armes à feu font partie de la culture des gangs de rue. Cette nouvelle statistique est une indication de plus prouvant que le problème des gangs augmente à Montréal», dit-il. Selon M. Ouimet, «il faut prendre le problème au sérieux, d’autant plus que la combinaison gang de rue/arme à feu est mortelle. Ces jeunes sont fous avec un fusil dans les mains.»
Entre 2004 et 2006, le nombre de tentatives de meurtre perpétrées par les gangs de rue a doublé à Montréal.
Le nombre d’homicides, lui, a cependant diminué. « Nos services d’urgence s’améliorent sans cesse. Il y a moins de meurtres, mais plus de tentatives », explique M. Ouimet. Et de plus en plus souvent, des armes à feu sont impliquées.
Les notes de la GRC révèlent aussi que les armes les plus utilisées par les criminels montréalais sont les armes de poing, comme les revolvers. «Et la majorité n’étaient pas enregistrées», dit le rapport.
Cette situation n’étonne pas le commandant Rose. « Presque toutes les armes qu’on saisit ne sont pas enregistrées.
Elles proviennent souvent du crime organisé », dit-il.
Plusieurs armes illégales
Combien d’armes illégales ont été saisies à Montréal en 2006? Impossible de le dire. Cette statistique a été rayée du document obtenu par La Presse. «Mais même si on n’a pas de chiffre, on sait qu’il y a plusieurs armes illégales à Montréal et c’est inquiétant», affirme Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes. Selon Mme Cukier, plusieurs homicides sont commis avec des armes illégales. «Prenez le meurtre de la policière Valérie Gignac. Son assassin avait une arme illégale», dit-elle.
Mme Cukier s’inquiète aussi du fait que les gangs de rue soient très impliqués dans le commerce d’armes illégales. Un phénomène remarqué par la GRC. «Montréal, comme plusieurs grands centres urbains au pays, connaît un problème continuel avec les armes à feu illégales. Les activités de gangs et les profits alléchants retirés de la vente d’armes à feu illégales sont tous des facteurs qui contribuent à accentuer la situation», disent les notes de la GRC.
Malgré ces conclusions, le commandant Rose reste optimiste. Selon lui, Montréal verra tranquillement les crimes liés aux armes à feu diminuer au cours des prochaines années. «Depuis quelques temps, le SPVM a fait des gangs de rue sa priorité. On fait plus d’arrestations à ce niveau. Les chiffres devraient se stabiliser», dit-il.
- Avec la collaboration de William Leclerc.
Le mardi 11 décembre 2007
Hausse des crimes avec arme à feu
Entre 2004 et 2006, le nombre de tentatives de meurtre perpétrées par les gangs de rue a doublé à Montréal.
Ariane Lacoursière
La Presse
Le nombre d’incidents criminels impliquant une arme à feu a augmenté de 16% entre 2005 et 2006 à Montréal. Et dans la majorité des cas, les armes utilisées étaient illégales.
Le 15 mars dernier, la GRC a envoyé une note d’information au ministre de la Sécurité publique du Canada. Dans ce document, obtenu par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, un inquiétant portrait de l’utilisation des armes à feu à Montréal est dressé. «Les plus récentes statistiques (2005-2006) fournies par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) (...) montrent une augmentation de 16% de l’utilisation d’armes à feu dans des activités criminelles», dit la GRC.
Selon le commandant Clément Rose, responsable des dossiers de crime organisé au SPVM, cette hausse pourrait être liée aux gangs de rue. « Depuis l’arrestation massive de motards en 2001, les gangs de rue ont pris plus de place à Montréal. Il faudrait que je regarde plus attentivement les statistiques, mais les gangs de rue pourraient expliquer l’augmentation du nombre de crimes avec armes à feu », dit-il.
Le professeur de criminologie à l’Université de Montréal, Marc Ouimet croit lui aussi que les gangs de rue peuvent être montrés du doigt. «Les armes à feu font partie de la culture des gangs de rue. Cette nouvelle statistique est une indication de plus prouvant que le problème des gangs augmente à Montréal», dit-il. Selon M. Ouimet, «il faut prendre le problème au sérieux, d’autant plus que la combinaison gang de rue/arme à feu est mortelle. Ces jeunes sont fous avec un fusil dans les mains.»
Entre 2004 et 2006, le nombre de tentatives de meurtre perpétrées par les gangs de rue a doublé à Montréal.
Le nombre d’homicides, lui, a cependant diminué. « Nos services d’urgence s’améliorent sans cesse. Il y a moins de meurtres, mais plus de tentatives », explique M. Ouimet. Et de plus en plus souvent, des armes à feu sont impliquées.
Les notes de la GRC révèlent aussi que les armes les plus utilisées par les criminels montréalais sont les armes de poing, comme les revolvers. «Et la majorité n’étaient pas enregistrées», dit le rapport.
Cette situation n’étonne pas le commandant Rose. « Presque toutes les armes qu’on saisit ne sont pas enregistrées.
Plusieurs armes illégales
Combien d’armes illégales ont été saisies à Montréal en 2006? Impossible de le dire. Cette statistique a été rayée du document obtenu par La Presse. «Mais même si on n’a pas de chiffre, on sait qu’il y a plusieurs armes illégales à Montréal et c’est inquiétant», affirme Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes. Selon Mme Cukier, plusieurs homicides sont commis avec des armes illégales. «Prenez le meurtre de la policière Valérie Gignac. Son assassin avait une arme illégale», dit-elle.
Mme Cukier s’inquiète aussi du fait que les gangs de rue soient très impliqués dans le commerce d’armes illégales. Un phénomène remarqué par la GRC. «Montréal, comme plusieurs grands centres urbains au pays, connaît un problème continuel avec les armes à feu illégales. Les activités de gangs et les profits alléchants retirés de la vente d’armes à feu illégales sont tous des facteurs qui contribuent à accentuer la situation», disent les notes de la GRC.
Malgré ces conclusions, le commandant Rose reste optimiste. Selon lui, Montréal verra tranquillement les crimes liés aux armes à feu diminuer au cours des prochaines années. «Depuis quelques temps, le SPVM a fait des gangs de rue sa priorité. On fait plus d’arrestations à ce niveau. Les chiffres devraient se stabiliser», dit-il.
- Avec la collaboration de William Leclerc.



















































